Gabon/PIB: la part de la culture attendue

Jaurès BOKO
52 vues
5 lecture minimale
Divulgation : Ce site Web peut contenir des liens d'affiliation, ce qui signifie que je peux gagner une commission si vous cliquez sur le lien et effectuez un achat. Je recommande uniquement les produits ou services que j'utilise personnellement et qui, selon moi, apporteront une valeur ajoutée à mes lecteurs. Votre soutien est apprécié !

Libreville, 03 novembre 2025—PRESS AFRICA— Dans un pays longtemps dominé par l’exploitation pétrolière, forestière et minière, la culture émerge progressivement comme un levier économique et identitaire au Gabon. En 2025, alors que la croissance reste modeste (≈ 2,9 % en 2024) et que plus d’un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté, la valorisation du patrimoine culturel, des arts et du tourisme commence à prendre place dans la stratégie de diversification nationale.

Un secteur en quête de reconnaissance

Si les chiffres précis de la « culture » isolée dans le PIB gabonais ne sont pas encore disponibles, plusieurs constats convergent. Le Gabon, riche en forêts, en traditions et en biodiversité, dispose d’un potentiel culturel significatif à valoriser, notamment via l’écotourisme, la protection du patrimoine immatériel et les industries créatives. Le pays met de plus en plus l’accent sur la diversification de l’économie et identifie parmi les secteurs à fort potentiel l’écotourisme, l’agro‑industrie, la technologie et, implicitement, la culture. La formalisation de la culture comme facteur économique reste encore embryonnaire : peu d’études précisent la part des arts, du spectacle vivant, de l’artisanat ou des musées dans le PIB, ce qui limite l’analyse mais souligne aussi la marge de progression.

Gabon/PIB: la part de la culture attendue
Gabon/PIB: la part de la culture attendue

Enjeux et opportunités

La culture présente plusieurs atouts pour l’économie gabonaise. Dans l’hypothèse de la création d’emplois et d’activités, les musées,  les festivals, l’artisanat, les spectacles et le tourisme culturel peuvent générer des emplois locaux, notamment dans les zones périphériques ou rurales. S’agissant du rayonnement international, le Gabon peut valoriser son patrimoine (peuples autochtones, traditions, biodiversité, art contemporain) pour attirer visiteurs et investisseurs, améliorant ainsi l’image du pays. En ce qui concerne, la diversification économique, à l’heure où 97 % des exportations gabonaises proviennent du pétrole, du bois et du manganèse, selon les données de 2024, la culture constitue un vecteur de diversification. En tout état de causes, il urge une synergie avec les secteurs naturels. Le patrimoine culturel est souvent lié aux ressources naturelles (forêts, parcs nationaux, art autochtone) ; valoriser cette combinaison ouvre des pistes d’économie verte et culturelle conjointes.

Les barrières à sauter

Plusieurs obstacles freinent aujourd’hui l’émergence de la culture comme moteur économique au Gabon. Ce sont entre autres, le manque de statistiques : l’absence d’indicateurs fiables pour la part culturelle du PIB ou pour la filière arts‑création limite la visibilité du secteur ; le défaut de cadre institutionnel et du financement : les institutions culturelles et les entrepreneurs de la culture manquent souvent de soutien, de financement dédié et de formation pour structurer des projets économiquement viables ; la dépendance aux ressources naturelles : l’économie gabonaise reste fortement dépendante du pétrole et de l’exportation de matières premières, ce qui réduit l’attrait relatif pour les secteurs à plus forte intensité culturelle ou créative et l’insuffisance d’infrastructures pour renforcer la logistique : le tourisme culturel ou les manifestations artistiques nécessitent des infrastructures (hébergement, transport, communication) que le pays doit encore renforcer.

Perspectives 2026‑2030

Le gouvernement gabonais, dans le cadre de son plan de développement post‑transition, prévoit de renforcer l’économie numérique, l’agro‑industrie, le tourisme et, par extension, la culture. Les défis seront notamment, d’intégrer davantage la culture dans les stratégies nationales de développement ; d’allouer des ressources spécifiques (fonds, incitations, formations) aux industries créatives; de renforcer les partenariats internationaux pour valoriser le patrimoine culturel et soutenir les acteurs locaux.

En 2025, la culture au Gabon n’est pas encore un pilier majeur de l’économie mesurable, mais elle commence à s’imposer comme un élément essentiel de la stratégie de diversification et d’identité nationale. Si les conditions sont réunies — financement, données, infrastructures, cadre — le secteur pourrait devenir un moteur de croissance inclusive et de rayonnement pour le pays.

Rédacteur: Jaurès BOKO

Partager cet article