Nouakchott, 07 janvier 2026 —PRESS AFRICA— L’année 2026 s’annonce comme un tournant stratégique pour les exportations mauritaniennes, avec des perspectives favorables à une amélioration substantielle des recettes extérieures et à une meilleure intégration de l’économie nationale dans les marchés mondiaux. Alors que les secteurs minier et énergétique continuent d’être les principaux moteurs des exportations, de nouvelles dynamiques pourraient accroître davantage l’impact des ventes à l’étranger sur la croissance économique du pays.

La progression déjà engagée des exportations
Mauritanie s’appuie traditionnellement sur ses exportations de minerai de fer, d’or, et de produits de la pêche comme piliers de sa balance commerciale. Selon les données les plus récentes, les exportations mauritaniennes ont montré une tendance à la hausse au troisième trimestre récent, avec une croissance d’environ 7,7 % des exportations globales, tirant la dynamique des échanges malgré un déficit commercial toujours présent.
Cette progression intervient dans un contexte où les marchés régionaux et mondiaux continuent de représenter des opportunités importantes pour Nouakchott, en particulier en Afrique du Nord et en Europe, principaux partenaires commerciaux du pays.
Minier : la force tranquille de l’économie
Le secteur minier demeure le pivot des exportations mauritaniennes, avec la Société nationale industrielle et minière (SNIM) en position de moteur principal. Après avoir vendu 14,7 millions de tonnes de minerai de fer en 2025, la SNIM s’est fixée pour objectif de dépasser 15,5 millions de tonnes en 2026, confirmant une trajectoire ascendante qui devrait renforcer les volumes exportés et, par ricochet, les recettes extérieures.
Cette progression des volumes exportés s’inscrit aussi dans une amélioration de la capacité productive et des infrastructures liées à l’extraction et à l’acheminement vers les ports, ce qui devrait consolider davantage la place de la Mauritanie sur les marchés mondiaux du minerai.
Gaz et diversification : de nouvelles perspectives
Outre le secteur minier, le développement des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) constitue une source potentielle majeure de revenus à l’export pour 2026. Le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), reconduit comme un élément central de l’entrée de la Mauritanie dans l’exportation de gaz, est attendu pour stimuler la croissance économique et accroître les recettes extérieures, tout en diversifiant le portefeuille exportateur.
Selon les projections du Fonds monétaire international (FMI), la contribution des exportations gazières pourrait atteindre une part importante du total exporté, dopant ainsi la croissance globale et l’attraction des investissements directs étrangers.
Enjeux régionaux et perspectives de marché
La montée des exportations mauritaniennes s’entend également dans un contexte régional plus vaste, où les échanges commerciaux avec les pays d’Afrique du Nord et d’Europe continuent de jouer un rôle crucial. Bien que la Chine demeure un partenaire commercial important, ses parts dans les exportations mauritaniennes ont reculé, tandis que d’autres marchés, notamment européens ou nord-américains, renforcent leur poids.
Cette diversification des partenaires, couplée à l’expansion des volumes exportés et de nouvelles filières comme l’énergie, pourrait contribuer à réduire progressivement le déficit commercial et à stabiliser les flux de devise.
Risques et défis à surveiller
Malgré ces perspectives favorables, les performances des exportations en 2026 restent dépendantes de facteurs externes, notamment l’évolution des prix mondiaux des matières premières, la compétitivité des marchés internationaux, et la capacité du pays à continuer à améliorer ses infrastructures logistiques. De plus, la diversification économique — recommandée par des partenaires internationaux comme la Banque mondiale — demeure un enjeu majeur pour réduire la vulnérabilité aux chocs des secteurs dominants.
En somme, 2026 apparaît comme une année décisive pour les exportations mauritaniennes. Avec des volumes de minerai de fer en hausse, l’entrée dans les marchés gaziers, et une diversification géographique des partenaires commerciaux, la Mauritanie pourrait enregistrer une amélioration notable de ses performances à l’export. Si ces dynamiques se concrétisent, elles offriront une source de croissance économique durable et renforceront les bases d’un développement plus équilibré à long terme.
Rédactrice : BAWA ALLAH Khadidjatou A.

