Cap-Vert : sous le diktat des catastrophes naturelles 

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Cap-Vert : sous le diktat des catastrophes naturelles

Praia, 07 janvier 2026 —PRESS AFRICA— Le Cap-Vert a connu en 2025 l’une de ses années les plus difficiles face aux aléas naturels : des pluies torrentielles liées à la tempête tropicale Erin ont provoqué des inondations éclair et des glissements de terrain qui ont coûté la vie à plusieurs personnes, déplacé des milliers d’habitants et mis à l’épreuve les capacités de réponse nationale. Le phénomène a remis en lumière la vulnérabilité élevée de l’archipel aux événements climatiques extrêmes et les défis socio-économiques qui en découlent.

En août, des pluies intenses ont déferlé sur les îles du nord (notamment São Vicente, Santo Antão et São Nicolau), transformant rues et vallées en cours d’eau et entraînant des dégâts matériels importants. Les autorités ont déclaré l’état d’urgence après le bilan humain et des perturbations majeures des infrastructures routières, électriques et hydrauliques. Les agences humanitaires estiment que des dizaines de milliers de personnes ont été touchées — entre familles déplacées, habitations endommagées et pertes de récoltes — et le chiffre des victimes s’est monté à plusieurs morts

Les conséquences sanitaires et sociales ont été rapides : hôpitaux et centres de santé ont dû gérer l’arrivée de blessés et des risques accrus de maladies hydriques et vectorielles après la crue, tandis que l’accès à l’eau potable et aux services élémentaires a été compromis pour des communautés entières. Les autorités sanitaires et organisations internationales ont lancé des alertes et des opérations d’assistance pour prévenir une détérioration plus large de la situation.

Sur le plan économique, l’impact est multidimensionnel. Les infrastructures (routes, ponts, réseaux d’électricité) ont subi des dommages qui freineront la mobilité et le commerce inter-îles ; le tourisme, pilier majeur de l’économie capverdienne, a été perturbé par les destructions locales et l’image d’instabilité ; enfin, l’agriculture locale — déjà fragilisée par des épisodes de sécheresse récurrents — a enregistré des pertes de récoltes et de pâturages, aggravant l’insécurité alimentaire saisonnière. Les analyses antérieures et les documents nationaux soulignent que près d’un tiers de la population est exposée à des risques climatiques extrêmes, ce qui rend chaque épisode exceptionnel particulièrement coûteux pour le tissu social et pour les finances publiques.

Le bilan de 2025 illustre aussi un paradoxe : l’archipel fait face à la fois à des sécheresses prolongées et à des épisodes de pluie extrême — un pattern attendu et documenté par les autorités nationales dans leur NDC et par les institutions internationales — rendant obsolète la planification basée sur des schémas climatiques « normaux ». Les experts appellent à renforcer les systèmes d’alerte précoce, investir dans des infrastructures résilientes (drainage urbain, routes, réservoirs), et soutenir les moyens de subsistance à travers des programmes de filets sociaux et d’assurance climatique.

En réponse, l’État capverdien, en coopération avec la Croix-Rouge, l’IFRC et des partenaires internationaux, a lancé des opérations d’urgence et des évaluations de dommages pour prioriser la reconstruction et l’aide aux populations les plus vulnérables. Les acteurs humanitaires insistent sur la nécessité d’un financement soutenu pour la récupération à moyen terme — relocalisation ciblée, renforcement des services de santé et soutien aux petits producteurs — afin d’éviter que ces épisodes ne se traduisent par une spirale de pauvreté et de perte de capacités productives.

Si 2025 a aggravé la prise de conscience nationale et internationale sur la vulnérabilité du Cap-Vert, il s’agit désormais d’inscrire les réponses dans une logique durable : adaptation intégrée, urbanisme résilient, diversification économique et accès à des financements climatiques adaptés — autant de leviers indispensables pour que l’archipel puisse réduire son exposition et protéger ses communautés face aux prochains épisodes extrêmes.

Rédactrice : BAWA ALLAH Khadidjatou A.

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