Accra, 07 janvier 2026 —PRESS AFRICA— L’année 2025 restera gravée comme une année charnière pour la monnaie ghanéenne, le cedi (GHS), qui a connu une performance exceptionnelle face aux principales devises internationales, marquant l’un des rebonds les plus significatifs de son histoire moderne et traduisant la dynamique de reprise macroéconomique du pays.

Un retournement spectaculaire du taux de change
Après une période de forte pression, caractérisée par une importante dépréciation au cours des années précédentes, le cedi s’est apprécié de manière spectaculaire tout au long de 2025. Sur les onze premiers mois de l’année, la monnaie a enregistré une hausse de plus de 32 % par rapport au dollar américain, clôturant novembre autour de GHS 11.12 pour 1 USD sur le marché interbancaire — un niveau nettement plus fort qu’au début de l’année.
Cette performance place le cedi parmi les devises africaines les plus performantes de l’année, reflétant non seulement une amélioration de la confiance des marchés, mais aussi l’impact des politiques monétaires et économiques menées par les autorités.
Politiques monétaires et stabilisation
La Banque du Ghana a joué un rôle central dans ce retournement. Face à une inflation persistante au début de l’année, la banque centrale a maintenu une politique monétaire stricte avec un taux directeur élevé (28 %) pour ancrer les anticipations d’inflation et soutenir la monnaie locale.
Parallèlement, des interventions directes sur le marché des changes, notamment des ventes régulières de devises et un meilleur approvisionnement en devises via des programmes ciblés, ont contribué à restaurer la liquidité et à freiner la volatilité du cedi.
Inflation en nette baisse, perspectives économiques plus solides
La forte appréciation du cedi a eu des répercussions positives sur l’environnement inflationniste national. Après des taux à deux chiffres persistants, l’inflation globale a amorcé une tendance à la baisse durant l’année, reflétant la combinaison d’un cedi plus fort, de politiques monétaires cohérentes et d’une stabilité macroéconomique retrouvée.
En outre, cette stabilité monétaire s’inscrit dans un contexte économique plus large où l’économie ghanéenne donne des signes de reprise après une crise profonde. Les autorités économiques ont souligné l’amélioration des indicateurs, notamment une croissance économique robuste prévue pour 2026, ainsi que le retour progressif de la confiance des investisseurs.
Facteurs externes et contributions structurelles
La performance du cedi en 2025 n’est pas attribuable uniquement à des mesures internes. Le hausse des prix mondiaux de l’or, produit d’exportation principal du Ghana, a également joué un rôle crucial en augmentant les recettes en devises étrangères, renforçant ainsi la position du cedi sur le marché international.
D’autres facteurs, tels que l’accumulation de réserves internationales et une gestion budgétaire plus rigoureuse, ont soutenu cette trajectoire positive, même si les risques liés aux importations élevées et à la volatilité des marchés mondiaux persistent à l’horizon.
Un bilan globalement positif avec des défis à relever
En synthèse, l’année 2025 a été celle d’un retournement historique pour le cedi, symbolisant une amélioration significative de la dynamique économique ghanéenne. L’appréciation du cedi, associée à une inflation en recul et à un climat macroéconomique plus stable, constitue une avancée majeure après plusieurs années de turbulences.
Cependant, les autorités économiques restent vigilantes : la durabilité de cette performance dépendra de la capacité du Ghana à maintenir des fondamentaux solides, à diversifier ses sources de devises étrangères et à poursuivre des réformes structurelles qui soutiennent la compétition et la résilience face aux chocs externes.
Rédactrice : BAWA ALLAH Khadidjatou A.

