Kampala, 07 janvier 2026 —PRESS AFRICA— À quelques jours du 15 janvier 2026, date fixée pour les élections générales en Ouganda, le climat politique se détériore rapidement, marqué par une intensification des violences préélectorales, des arrestations massives de militants d’opposition et des restrictions des libertés fondamentales. Ces tensions rappellent les cycles précédents où politique et affrontements armés se mêlaient, menaçant la tenue d’un scrutin paisible et crédible.
Répression accrue contre l’opposition
Des organisations internationales, dont Amnesty international, ont documenté une campagne de répression persistante contre les membres et sympathisants du National Unity Platform (NUP), principal parti d’opposition mené par Robert Kyagulanyi, connu sous le nom de Bobi Wine. Les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogènes, des chiens et la force physique pour disperser des rassemblements politiques, entraînant des arrestations arbitraires, des actes de torture et d’autres mauvais traitements infligés à des civils pacifiques.
Selon ces rapports, des centaines de personnes ont été interpellées pour leur participation à des meetings ou simplement pour être perçues comme des partisans du NUP, un signe préoccupant d’une restriction des libertés de réunion et d’expression.
Restrictions médiatiques et contrôle de l’information
La liberté de la presse est également sous pression intense. Dans les jours précédant le scrutin, les autorités ougandaises ont imposé l’interdiction des diffusions en direct de violences et de manifestations, invoquant la nécessité d’éviter la panique. Cette mesure, dénoncée par des groupes de défense des droits humains, est vue comme un effort pour contrôler l’accès à l’information à un moment crucial.
Des incidents antérieurs documentés par des organisations de surveillance ont montré que des journalistes et des observateurs électoraux ont été physiquement agressés ou empêchés de couvrir des événements politiques, contribuant à une atmosphère de censure et d’intimidation.
Rôle des forces de sécurité et justifications officielles
Les autorités ougandaises et la police reconnaissent certains incidents de violence, notamment des agressions contre des agents et des dommages matériels lors de campagnes. Elles affirment agir pour maintenir l’ordre public et empêcher des provocations qui pourraient dégénérer. Cependant, ces justifications sont critiquées par des observateurs qui estiment que les mesures de sécurité sont souvent disproportionnées et ciblent principalement l’opposition politique.
Violences communautaires et clientélisme
Au-delà de la répression étatique, des enquêtes locales soulignent le rôle de groupes de jeunes vigilants et de partisans payés qui participent à des actes de violence ou de perturbation des campagnes adverses. Ces groupes, parfois recrutés comme une forme d’« assurance politique », contribuent à l’escalade des affrontements entre camps rivaux.
Conséquences pour la crédibilité électorale
Ce contexte de tensions multiples — répression sécuritaire, restrictions médiatiques, violence entre partisans — soulève de sérieuses interrogations sur la transparence et la légitimité du processus électoral. De nombreux observateurs estiment que l’utilisation de la force pour intimider l’opposition et les citoyens affaiblit la confiance dans les institutions démocratiques et pourrait produire un scrutin entaché de soupçons d’iniquité.
Alors que l’Ouganda s’apprête à organiser des élections qui s’annoncent cruciales pour l’avenir politique du pays, la montée des violences préélectorales et des restrictions sur les libertés fondamentales dessinent un tableau préoccupant. Dans un pays dirigé depuis plus de quatre décennies par le président Yoweri Museveni, la crédibilité du processus électoral et l’avenir de la démocratie ougandaise sont aujourd’hui plus incertains que jamais.
Rédactrice : BAWA ALLAH Khadidjatou A.

