Juba, 07 janvier 2026 —PRESS AFRICA— Alors que le Soudan du Sud se prépare à des élections historiques en décembre 2026, la situation sécuritaire et politique demeure extrêmement fragile, dressant un sombre avertissement à toute entreprise diplomatique ou économique dans ce pays d’Afrique de l’Est.
Un climat de criminalité et de tensions persistantes
Les autorités françaises, entre autres services de conseil aux voyageurs, déconseillent formellement tout déplacement non impératif dans la majeure partie du Soudan du Sud, signalant une intensité élevée de violences et d’actes criminels dans des zones clés telles que Djouba, Aweil, Way et Yambio. La quasi-totalité du pays est classée en zone rouge du point de vue de la sécurité, en raison d’attaques armées, d’enlèvements et de violences intercommunautaires.
Ces recommandations font écho à un contexte interne marqué par l’affrontement persistant entre diverses milices et factions politico-militaires, ainsi que par une criminalité souvent liée à l’insécurité endémique et à l’absence d’un contrôle étatique effectif sur de larges portions du territoire. L’arrestation, les accusations ou les procès de figures politiques clés, comme l’ancien vice-président Riek Machar, inculpé pour des charges graves incluant trahison et crimes violents, illustrent la tension permanente qui fragilise la cohésion nationale.
Transition prolongée: la démocratie en suspens
Le Soudan du Sud, le plus jeune État du monde depuis son indépendance en 2011, a vu la transition politique se prolonger de deux ans, repoussant les premières élections nationales prévues initialement en décembre 2024 à décembre 2026. Cette décision, actée par le gouvernement de transition d’unité nationale revitalisé, vise à offrir davantage de temps pour mettre en place les structures électorales, réaliser le recensement et finaliser des réformes constitutionnelles essentielles.
Cependant, cette prolongation a suscité des critiques croissantes de la société civile et d’organisations internationales. À l’ONU, des observateurs ont souligné que la persistance des retards dans la mise en œuvre de l’Accord revitalisé de paix de 2018 entame la confiance des citoyens dans le processus démocratique, et risque d’alimenter un scepticisme profond quant à la capacité du gouvernement à organiser des élections libres, équitables et crédibles.
Vers des élections sous haute tension
Les élections de décembre 2026 sont présentées par les autorités comme un pivot essentiel vers la normalisation politique après des années de conflit civil et de transition interminable. Pourtant, plusieurs obstacles majeurs subsistent. Outre la sécurité lacunaire, la fragilité institutionnelle et des préparatifs électoraux inachevés expliquent les craintes d’un scrutin potentiellement perturbé par la violence et la manipulation politique.
Les tensions entre factions politiques rivales, la persistance de milices armées et un espace civique restreint rendent la perspective d’élections pacifiques incertaine, selon plusieurs experts. Sans un renforcement tangible de la sécurité et des garanties démocratiques, le scrutin pourrait devenir un point d’éclair interne plutôt qu’un pas vers la stabilité.
Pour les diplomates, investisseurs et organisations humanitaires, un avis de tempête plane sur le Soudan du Sud. Entre criminalité active, défis sécuritaires et transition politique prolongée, toute initiative dans ce pays doit être planifiée avec une prudence extrême. L’année 2026, censée marquer un tournant décisif avec l’élection présidentielle, s’annonce déjà comme un test critique pour la paix, la sécurité et l’avenir démocratique du pays.
Rédactrice : BAWA ALLAH Khadidjatou A.

