Mogadiscio, 08 décembre 2025—PRESS AFRICA—En Somalie, le quotidien des populations est un mélange de défis persistants, de stratégies d’adaptation et d’une résilience remarquable. En 2025, malgré une amélioration progressive de la situation sécuritaire dans certaines régions, la vie des Somaliens reste profondément marquée par les effets conjugués de l’instabilité politique, des crises humanitaires récurrentes et des difficultés économiques.
Entre insécurité persistante et dynamique communautaire
Dans de nombreuses zones rurales, la présence d’Al-Shabaab continue de limiter les déplacements, les activités économiques et l’accès aux services essentiels. Les attentats sporadiques dans les grandes villes comme Mogadiscio rappellent la fragilité de la paix, même si les forces somaliennes et leurs partenaires internationaux enregistrent des avancées significatives. Pour les populations, cela implique une vigilance constante, une adaptation des routines quotidiennes et une forte dépendance aux réseaux familiaux et communautaires pour assurer protection et solidarité.
Une économie informelle qui porte le pays
Face au manque d’emplois formels, l’économie informelle représente la principale source de revenus. Petits commerces, transport artisanal, vente de produits alimentaires ou d’artisanat animent les marchés urbains. Les envois de fonds de la diaspora restent un pilier central de la survie de nombreuses familles, assurant scolarité, soins de santé et nourriture. Dans les campagnes, l’élevage — notamment de chameaux, de chèvres et de moutons — demeure une activité traditionnelle essentielle, même si les sécheresses répétées fragilisent les moyens de subsistance.
Crises climatiques et insécurité alimentaire
Le changement climatique a un impact profond sur le quotidien somalien. Les cycles de sécheresse et d’inondations se succèdent, déplaçant des milliers de personnes chaque année. Les camps pour déplacés internes, souvent improvisés, abritent des familles entières dépendantes de l’aide humanitaire pour l’eau, la nourriture et l’assainissement. L’insécurité alimentaire, amplifiée par la mauvaise performance agricole, demeure une préoccupation majeure, malgré l’implication accrue des ONG et des agences onusiennes.
Accès limité aux services sociaux
L’accès à l’éducation et aux soins de santé reste inégal. Dans les villes, les écoles privées et les centres de santé offrent des services relativement acceptables, mais inaccessibles pour une grande partie de la population en raison des coûts élevés. Dans les zones rurales, les infrastructures sont rares ou inexistantes. Les femmes, en particulier, sont confrontées à des défis accrus : faible accès aux soins maternels, précarité économique et responsabilité de la gestion familiale dans un contexte d’instabilité.
Une société jeune tournée vers l’avenir
Malgré ces difficultés, une énergie nouvelle se dégage de la jeunesse somalienne, qui représente plus de 70 % de la population. Entrepreneurs technologiques, artistes, sportifs et acteurs communautaires participent à une renaissance culturelle et économique. À Mogadiscio, Hargeisa ou Baidoa, cafés modernes, start-up et initiatives sociales émergent, portées par un désir profond de stabilité et de développement. En Somalie, le quotidien reste difficile, mais il est aussi marqué par une capacité exceptionnelle des habitants à reconstruire, à s’adapter et à espérer.
Rédactrice : BAWA ALLAH Khadidjatou A.

